lundi 21 octobre 2013

Bye Bye mon jardin

J'ai la chance, depuis 6 ans, de cultiver un jardinet communautaire tout près de chez moi, le Châteaufort.

La première année, mon papa m'avait donné quelques conseils et aussi aidé à semer et à planter. Je crois qu'il avait eu beaucoup de plaisir à le faire, car il avait passé sa jeunesse sur une ferme et cette expérience lui rappelait certainement quelques bons souvenirs .

Lorsque j'allais  arroser, les cieux étaient souvent splendides et ce moment d'arrêt, de rapprochement à la terre m'a toujours apaisé.


Mes premières carottes étaient tortueuses, presqu'impossibles à nettoyer. OK, première et dernière fois ! J'avais semé les radis tellement serrés qu'ils n'avaient pas eu la chance de grossir. Mes premières tomates furent difformes et pas si juteuses, je crois par manque d'eau. Hum, belle leçon d'humilité et de constance car si je partais en escapade et qu'il faisait beau tout le week-end, je rentrais le dimanche et inondais quasiment mon jardin. J ai dû développer des rapports avec certains voisins et demander à une amie de me remplacer quand je me baladais un mois en Europe.

Dès le début des récoltes, j'ai été très impressionnée de la variété des légumes qui poussaient dans les différents jardins, ce qui s'explique par la richesse culturelle des habitants de mon quartier : Côte des Neiges.

https://maps.google.ca/maps?client=safari&oe=UTF-8&ie=UTF-8&q=cote+des+neiges&fb=1&gl=ca&hq=cote+des+neiges&hnear=0x4cc91a541c64b70d:0x654e3138211fefef,Montreal,+QC&ei=FuJlUo2PErTK4APFioDwBg&ved=0CMUBELYD

Épinards, aubergines, courges que je n'avais jamais vus aux marchés que j'ai fréquentés à Montréal. Dans mes nombreux voyages, j'ai goûté à beaucoup de plats exotiques mais n'ai pas toujours eu l'occasion de visiter les marchés des villes que je découvrais.



















Mes voisins de jardin vivent leur expérience jardinière différemment que moi. J'ai souvent l'occasion de pouvoir m'échapper les week-ends pour des escapades dans la belle nature des Laurentides ou celle des Cantons de l'est.
Certains de mes voisins, je crois, n'ont pas nécessairement accès à ces lieux de villégiature, alors le jardin devient une extension de la maison et, je dirais même une expérience qui leur rappelle peut-être certains souvenirs liés à leur pays. Ils enjolivent leur petit lot de fleurs colorées, ce qui donne des résultats heureux.


Alors que je passe en coup de vent pour arroser et vérifier l'état de la pousse, ils viennent passer leur soirée, avec leurs chaises, en famille, jusqu'au coucher du soleil. Certains font même griller des brochettes sur des petits barbecue.

 Après les laitues variées que j'avais plantées, et desquelles j'ai composé les meilleures salades de l'été (juin), ont suivi les délicieux radis, les minces que nos cousins français dégustent avec du beurre.
 Pour une raison inconnue, j'ai malheureusement raté mes betteraves.
 De tout mon potager, ce sont les courgettes qui ont été les plus généreuses :

mes énormes cucurbitaceae 
 J'ai cuisiné plusieurs soupers pour faire déguster mes pâtes aux fleurs de courgettes aux copains.

courgette.jpg

J'ai fait des ratatouilles, des cakes, des muffins. J'en apportais lorsque j'étais invitées dans ma famille et chez mes amis. 
Mes tomates (j'en avais planté 3 différentes variétés) File:Tomates-diverses_variétés.JPG
ont très bien poussé. Sauces, gaspachos, veloutés et en primeur, un ketchup de tomates vertes style chowchow. Vivement les tourtières de Noël !

Hier, je suis allée «fermer mon jardin», sous un soleil radieux. J'étais remplie de gratitude mais un peu triste. Je garde ces belles images en mémoire :

Le rouge si intense
Les gros tournesols qui ployaient sous le vent

 Bye Bye mon jardin...

mercredi 9 octobre 2013

Ravissement urbain

Ravissement urbain

Entre la course folle de la vie qui combine vies professionnelle, sociale, et familiale, je me retrouve à courir entre le bureau et le métro, un lundi soir où je rentre à la maison avant de me rendre  à mon cours REP2400. Complètement dans ma tête, je règle tous les problèmes et trouve des solutions à tous mes défis, insensible à mon environnement lorsque tout à coup, j’entends une mélodie au piano ! Secouée hors de mon cerveau, je découvre devant moi, un piano rose et blanc, au coin de l’intersection Côte des Neiges et Jean Brillant !!!

Une émotion forte m’envahit car la vieille dame joue un air qui me rappelle ma grand-mère maternelle, pianiste virtuose que j’adorais. Le temps s’arrête, ce moment devient plus important que tout et j’écoute, presque recueillie.
Je demande à la pianiste si elle connaît la valse Annette, ma pièce favorite du répertoire de ma grand-mère. Elle me regarde, m’ignore et joue un autre air. Je suis toute chose…
J’observe les passants qui regardent la scène, amusés, les citadins qui attendent l’autobus, la mine moins renfrognée et presque souriante.
Les sans abri, les vieillards, le étudiants qui fourmillent sur ce coin stratégique : TOUS réagissent au pouvoir de la musique. Surprise, sourire, attendrissement, ravissement.
Depuis deux semaines, je découvre, enchantée, les talents de plein de passants.




 Je salue cette initiative urbaine de la ville de Montréal qui consiste à installer des pianos à des endroits stratégiques et dont le résultat atteint l’objectif ultime : adoucir les mœurs des citoyens stressés et leur permettre de découvrir la panoplie de talents existants, de tous âges et de toutes origines.
Pur plaisir. 
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Vive Montréal!